Utilité

Je me suis demandée : qu’est-ce que l’utilité ?

Il y a tant de définitions possibles que tout finit par être utile, et par ne pas l’être, simultanément.

Satisfaire un besoin, ou bien quelqu’un. Être profitable, à qui, à quoi, pourquoi ?
Servir une seule personne ou l’humanité toute entière, sauver le monde ou aider à petite échelle, mener une révolution ou s’insérer dans le système tel qu’il est, tel qu’il fonctionne avec tout ce que cela comporte d’imperfections ? Est-on utile par le simple fait de travailler, parce qu’une fiche de poste nous met « au service de » – d’une hiérarchie, d’un commerce, d’une économie ? Ou bien faut-il chercher plus loin, faire des choses qui comptent vraiment.
Qu’est-ce qui compte vraiment ?
L’égalité ? La justice ? La morale ? L’écologie ? La planète ? La santé ? La culture ? Le bonheur ?

Qu’est-ce qui compte pour vous ?
Qu’est-ce qui compte pour moi ?
Qu’est ce qui compte pour nous si les réponses aux deux questions précédentes diffèrent ?

Tout ?
Rien ?

Qu’est-ce qui est utile ?

Et d’ailleurs, l’utilité, est-ce primordial ?

Ne prend-t-on pas plaisir à mener des actions qui semblent inconséquentes ? Que je termine ou non cette grille de mots croisés, que je gravisse ou non cette montagne, que je chante ou non sous ma douche, que je reste ou non pendant des heures à réfléchir au sens de l’univers, que je cherche ou non à apprendre des choses dont je n’ai pas l’usage, qu’est-ce que cela change ?
Je peux me convaincre que je me prépare à gagner en efficacité, puisque je fais travailler mon intelligence, ou parce que je prends soin de ma santé. Mais je mentirais. Je fais seulement ces choses parce que j’en ai envie. Et si mon humeur en est améliorée, si mon entourage en bénéficie, ce n’est pas ce profit collatéral qui me préoccupe quand je m’en vais construire un bonhomme de neige.

Dans la médecine, dans l’enseignement, dans l’art, dans tous les domaines que l’on juge d’importance, les meilleurs ne sont-ils pas ceux qui prennent du plaisir dans leur travail, au delà de l’utilité qu’ils peuvent avoir ? N’est-ce pas plus tard, en bonus, que vient la satisfaction de se dire : « cette chose que j’ai faite a été profitable, et cela me réjouit » ?

Sait-on jamais les conséquences de nos actes au moment d’agir ? L’utilité n’est-elle pas secondaire par définition, elle qui ne peut se mesurer qu’à l’aune du succès ou de la défaite ?
Quel est votre moteur ? Est-ce jamais l’utilité ? Ou bien sont-ce plutôt votre sens de la justice, votre éthique, votre compassion, vos envies, vos convictions, vos goûts, vos aspirations profondes dont l’utilité n’est qu’un corollaire ?

Ne pourrait-on dire que l’injonction à l’utilité est inutile ? Qu’elle ne fait que culpabiliser qui n’a pas les moyen d’agir ?
Ne pourrait-on cesser d’inventer pour autrui des fausses motivations ?
Ne pourrait-on croire un peu plus les uns en les autres ?

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