Droite – Gauche

La droite ? La gauche ?
Éléments de non-réponse :

A droite, on est pour la justice (donner à chacun ce qu’il mérite)
A gauche, on est pour la justice (donner à chacun ce dont il a besoin)

A droite, on est pour la liberté (celle de mener ses projets, ceux que l’on juge rentables suivant les lois du marché).
A gauche, on est pour la liberté (celle de mener ses projets, ceux que l’on juge importants pour la société)

A droite, on est pour le progrès (des innovations techniques pour une vie meilleure)
A gauche, on est pour le progrès (des avancées sociales pour une vie meilleure)

A droite, l’égalité est importante (appliquer les mêmes règles pour tous)
A gauche, l’égalité est importante (compenser les inégalités existantes)

A droite, on pense au reste du monde (pour l’import-export)
A gauche, on pense au reste du monde (pour le multiculturalisme)

A droite, on est parfois un peu naïf, quand même (on croit qu’il y a toujours du mérite à réussir)
A gauche, on est parfois un peu naïf, quand même (on croit qu’il y a de la bonne volonté chez les gens)

N’est-ce pas merveilleux ?

Quel que soit votre camp, vous êtes du côté de la justice, de la liberté, de l’égalité et du progrès.
Quel que soit votre camp, vous pouvez accuser l’autre bord d’être injuste, liberticide, inégalitaire et régressif.
Quel que soit votre camp, vous avez raison et les autres ont tort.

Vous êtes dans le camp du bien. Vous utilisez pour le prouver un vocabulaire adéquat, précis, connoté positifs. Mais vos opposants ne se disent-il pas exactement la même chose ?
Vous dites, comme eux, être du bon côté de l’histoire, celui de la la liberté, de l’égalité, de la fraternité, que sais-je ?
Vous n’avez rien dit.
Le bon côté, tout le monde y est. Mais le bien, qu’est-ce donc ? Cela ne veut-il pas dire tout et son contraire ?

Je pense au monde, a priori, nous vivons tous dans le même, nous le percevons avec des sens similaires, et nous avons pour lui des attentes semblables – vivre heureux dedans. Et pourtant, nous ne nous mettons jamais d’accord.
Il y a matière à débattre de tout.
Faut-il trancher à tout prix ?
Parfois, je me demande : toute déclaration n’est-elle pas porteuse d’une question implicite ? Si je dis « oui », c’est qu’il existe un « non », alors il faut demander « oui ou non ? », et ainsi, pourquoi pas, envisager un « oui ET non ».
Une opinion peut-elle être valable si elle ne prend pas en considération l’existence de son antithèse ? Je ne peux pas être à gauche s’il n’y a pas de droite, et réciproquement.
Au fond, n’est-il pas plus rigoureux de formuler ses idées directement sous forme interrogative ?

Qu’est-ce donc que la droite et qu’est-ce que la gauche ?
On pourrait simplement garder la première définition que j’ai reçue, conçue pour donner raison à tous :

Être à droite, c’est penser qu’il faut aider les gens, les encourager à agir, saluer leurs réussites, récompenser leurs efforts, mêmes petits.
Être à gauche, c’est penser qu’il faut aider les gens, les soutenir dans leurs difficultés, saluer leurs différences, considérer leurs efforts, mêmes vains.

Au fond, il me semble qu’il ne s’agit pas tant d’avoir une définition claire pour choisir son camp, mais bien plutôt de choisir son camp pour avoir enfin une définition : il suffit alors de dire « je ne suis pas d’accord avec cette idée, elle est donc de… » et « je suis d’accord avec cette idée, elle est donc de… ».
Alors la dichotomie se creuse.
Bientôt, vous n’êtes plus que d’un bord, et ne comprenez plus comment vous avez pu hésiter jadis.

Quant au reste du monde, il ne va jamais assez dans votre sens.
Voilà une scissure définitive :

Quand on est à droite, on trouve que la société va mal, parce qu’elle est trop à gauche.
Quand on est à gauche, on trouve que la société va mal, parce qu’elle est trop à droite.

Qu’est-ce que la droite et la gauche ?
A tenter de  répondre, ne finit-on pas par parler plus de soi que de la société ?

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