Les étoiles sont légion – Kameron Hurley

Nous sommes toutes des servantes de la Légion, certaines d’avantages que d’autres. Notre pouvoir vient de la prise de conscience que la servitude n’est pas un état naturel, mais acquis. Notre pouvoir vient du savoir que nous pouvons tout refaire.
Seigneur Mokshi, annales de la Légion
[p.52]

J’aurais voulu parler des étoiles sont légions comme d’un autre livre, de son intrigue, de ses personnages, de ce que Kamero Hurley elle même clame avoir eu l’intention d’écrire :

Les Étoiles sont Légion est à moitié un space opera, à moitié un thriller, sur deux familles guerrières qui se battent pour le contrôle d’une légion de vaisseaux spatiaux organiques. Je voulais créer un système vraiment autonome de vaisseaux capables de vivre et de se reproduire dans le vide de l’espace pendant leur voyage à destination de… peu importe où.
[Source 1]

Mais l’autrice est aussi à l’origine d’un essai intitulé The geek feminist revolution (un titre qui ne s’invente pas u.u) dont je voulais comparer les postures à mon interprétation des Etoiles sont Légion. Aussi me suis-je retrouvée sur internet à faire des recherches… et à tomber sur les critiques faites au roman par des personnes qui ne l’ont manifestement pas compris.

Alors j’ai voulu répondre.

Personnages féminins et féminisme de l’œuvre

Bien sûr choisir d’écrire une histoire avec uniquement des personnages féminins n’est pas neutre. L’autrice en a d’ailleurs bien conscience, elle le dit dans ses remerciements :

Quand m’est venue l’idée de ce roman, en 2012, j’ai su que j’allais avoir du mal à le placer.  Pardon ? Tu veux écrire un space opéra dont tous les personnages sont féminins ? Genre, de la science-fiction sans un seul homme dedans ? Sans que les hommes y soient même mentionnés ? TU TE CROIS EN 1968 ?!
[Remerciements pour les Étoiles sont Légion]

Et bien sûr, ceux (des hommes, mais pas que) qui critiquent ce choix tentent de le faire de manière subtile. Ce n’est pas le fait qu’il n’y ai eu que des femmes qui les a dérangé, disent-ils, c’est que ce choix d’un casting féminin n’ait pas été dument justifié.

Question : Pourquoi vouliez vous écrire un univers uniquement féminin ?
Réponse : Pourquoi pas ? Cela n’avait jamais été fait avant. Il est apparu que l’idée ce mariait sans problème avec la construction de l’univers, donc il semblait naturel de l’écrire ainsi.
[Source 1]

Fallait-il plus justifier ce choix ? Je ne pense pas. L’univers est uniquement féminin, raconté à la première personne par des femmes qui n’ont aucun moyen de savoir qu’elles auraient pu naitre avec autre chose qu’un vagin entre les jambes.

Dans l’univers des Étoiles sont Légion, le genre n’existe pas, aussi parler des hommes n’aurait pas eu de sens.

Le but n’est pas de critiquer les hommes, c’est de parler de la féminité, de ce qu’elle implique au delà de nos schémas sociaux qui nous enferment dans une certaine conception du monde.

Mon premier livre, God’s War, c’était moi disant « Comment je peux avoir un matriarcat, mais sans que tous les hommes meurent ? » Parce que j’ai lu beaucoup de vieille science fiction féministe, et beaucoup de gens étaient genre « Hey, je vais dire qu’une maladie tue tous les hommes, et c’est ainsi qu’on se retrouve avec un matriarcat ». J’étais pas convaincue.
[Source 2]

Les Étoiles sont Légions a été écris après God’s War, et la question n’est pas (plus ?) « comment se retrouve-t-on avec une civilisation uniquement féminine ? » mais « s’il y avait une civilisation uniquement féminine, où le concept-même d’homme serait inconnu, à quoi cela pourrait-il ressembler ? »

En soit, c’est déjà intéressant. Reste la façon dont c’est raconté.

Une critique qui revient souvent dit ceci : « mettre des personnages féminins ne suffit pas à rendre une histoire féministe » et « Pour moi les Étoiles sont Légion n’est pas une histoire féministe car les femmes sont trop passives ». Ce a quoi Kameron hurley a déjà répondu :

J’ai lu récemment quelque chose où le « strong female character » était presque devenu un cliché à part entière. C’était littéralement juste « Hey, je suis une femme avec un pistolet, et je courate dans ce monde principalement masculin, tout le monde me respecte, et j’ai beaucoup de relations sexuelles, et je défonce des trucs, et c’est fun ». Mais il n’y a rien de plus profond que ça. […]
Je me heurte à ça constamment. Il n’y a pas souvent d’explication quand je vois les gens dire « les femmes sont égales aux hommes ». Qu’est-ce que ça veut dire ? […] Est-ce que ça implique qu’il y ait une classe de la population qui doit faire la plupart des soins aux enfants et la cuisine ? Bon dieu qui fait la cuisine ? Il y a beaucoup de tâches essentielles au fonctionnement d’une société et qui sont genrées, donc je pense que cela a vraiment besoin d’être exploré, et que les gens ne veulent pas le faire. Ils veulent juste partir en mode « Woo, tout est égalitaire » Mais c’est, ahh, cette petite partie l’est.
Ensuite il n’y a toujours pas de déconstruction de la masculinité : est-ce que donner un pistolet à une personne va la rendre meilleure ?
[Source 2]

Le féminisme, ce n’est pas une surprise, est souvent mal compris. Aussi quand une œuvre est estampillée féministe, il est attendu qu’elle parle des rapports hommes/femmes (or ici, les hommes n’existent pas) et qu’elle mette en scène des personnages féminins forts qui prennent leur destin en main (or ici, les femmes sont contraintes par leur environnement : des vaisseaux organiques malades, la guerre, leurs croyances limitées).

Mais c’est justement parce qu’elle ne répond pas à ces attentes que l’histoire de Kameron Hurley est féministe : parce qu’elle explore le genre au delà de ce qui est attendu.

Il y a cette idée que si une femme est forte, elle peut seulement l’être d’une manière qui soit toujours sexy, parce que si elle n’est plus un objet sexuel, c’est vraiment effrayant et c’est détestable et c’est monstrueux, et on doit s’en débarrasser.
Ce qui finit par arriver c’est, ouais, un personnage « fort mais vulnérable ». […] Donc oui, c’est quelque chose dont j’essaie d’avoir conscience, et c’est aussi quelque chose qui me fait bugger quand je le vois dans plein de livres où c’est genre « Oh, elle est forte. Elle est cool. Elle est incroyable. Et là elle est avec un homme qu’elle aime et elle soupire et elle pleure ». […]
Et puis où sont toutes les amitiés féminines ? [Souvent] on ne voit pas d’amitié entre femmes. On ne voit pas la formation d’un personnage féminin. On voit juste des femmes qui existent littéralement pour faire fantasmer les gars.
[Source 2]

Et non, l’œuvre n’est pas féministe parce qu‘elle ne met en scène que des femmes, elle l’est parce qu’elle parle de féminité, dans un contexte où ne pas mettre d’homme fait sens.

Faire de tous mes personnages des femmes est venu assez tard dans la création. Plus je réfléchissais à cette flotte auto-répliquante de vaisseaux organiques qui pouvaient faire naître des pièces de rechange… plus il me semblait clair que toutes les créatures – y compris humaines – pouvaient y donner naissance.
[Source 3]

Ce qui nous mène à la deuxième partie de cet article : quelles aspects de la féminité sont explorés et comment ?

Utérus et fécondité

Je l’ai déjà dit plusieurs fois, le roman parle de féminité, mais qu’est-ce que la féminité ?

Bien sûr personne ne le sait.

Le genre est une construction sociale qui est donc indissociable du système dans lequel on évolue. Or ici, le système est entièrement différent pour une raison très simple : il n’y a que des femmes. Comprendre : « tout le monde a un vagin », si bien que la société ne s’est pas construite en subdivisant les individus en fonction de leur entre-jambe (a priori identique pour toutes), donc que le concept de genre n’existe pas, donc chaque personne est désignée par le même mot de « femme ».

« Femme » dans ce contexte ne désigne pas une sous-catégorie de population à mettre en opposition avec les autres genres, mais désigne l’humanité toute entière.

Aussi il est abusif de dire que le roman parle de féminité. Ce dont il parle en réalité, c’est de fécondité. Il demande : qu’est-ce que ça fait d’avoir un utérus ? Quels mécanismes de pouvoir cela implique quand la reproduction est un enjeu majeur auquel personne n’échappe ?

Les femmes dans les Étoiles sont Légions enfantent toutes, mais toutes ne donnent pas naissance à des enfants humains, au contraire, cela devient de plus en plus rare. La plupart expulsent de leur corps des morceaux de chairs que le vaisseau finira par absorber d’une manière ou d’une autre (comme le vaisseau absorbe aussi les humaines, celles qui meurent ou celles qui sont tuées par leurs consœurs pour les « recycler »)

Toutes les femmes veulent contrôler leur fécondité, toute croient en avoir le droit inaliénable. Les mondes ont d’autres idées, ce qui a fini par les conduire à leur destruction.
Seigneure Mokshi, annales de la Légion
[p.246]

A ce compte, je dois parler d’une remarque que j’ai vu passer plusieurs fois au cours de mes recherches et selon laquelle les Étoiles sont Légions mettrait en scène des femmes qui tombent enceintes contre leur gré de choses qui ne leur plaisent pas forcément, et elles seraient donc littéralement violées par le vaisseau. Il me parait donc important de rappeler la définition d’un viol :

Le viol est défini par le Code pénal (article 222-23) comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise.

Alors oui, des femmes tombent enceintes sans l’avoir choisi, ce qui les met parfois en danger, ce qui les fait se retrouver avec une progéniture dont elles ne savent pas quoi faire, dont elles cherchent à se débarrasser, ou dont on les force à se débarrasser, et c’est terrible. Mais parler de viol est un contre sens total parce qu’on est dans un univers ou la reproduction se fait sans pénis et SANS PÉNÉTRATION !

Et oui, certaines femmes croient qu’elle accouchent de ce dont le vaisseau a besoin, mais il s’agit d’une croyance et cela ne veut pas dire que le vaisseau les féconde.

En ce qui concerne tout ce qui leur arrive, les personnages ont un vocabulaire très limité. Dans Les Étoiles sont Légion le lecteur en sait autant que les personnages mis en scène ; c’est une des choses que j’ai le plus appréciées en écrivant le roman.
[Source 3]

Cela étant, si vous voulez lire Kameron Hurley parler de consentement, sachez qu’elle l’a fait (et que c’est tristement non traduit en français) :

Quand j’ai écris mon roman d’Epic fantasy, The Mirror Empire, je me suis dis « je veux faire de l’Epic fantasy avec une vraie culture fantastique. Je ne voulais pas être genre « C’est une Europe pseudo-médiévale qui n’est rien d’autre que notre idée de l’Europe médiévale et pas ce que l’Europe médiévale était vraiment. Et c’est un Patriarcat, et des choses horribles arrivent aux femmes, et tous les hommes ont le pouvoir, ils se baladent avec des épées qu’ils sont tous capables de manier ». J’étais là, ok, faisons des trucs cools avec une culture basée sur le consentement qui soit polyamoureuse et matriarcale, puis ayons un matriarcat violent. Puis ayons un patriarcat, mais avec trois genres.
[Source 2]

Mais les Étoiles sont Légions ne parle pas de cela. Les Étoiles sont Légions parle de femmes qui peuvent tomber enceinte à n’importe quel moment, qui vivent dans un monde fait de chairs qui se meurent et qui pourra seulement être sauvé si les deux protagonistes-narratrices arrivent à récupérer « le bras et le monde », ce que j’interprète comme « diriger et féconder », ou, comme la dualité revient souvent, « la peur et l’amour ».

Le véritable pouvoir consiste à savoir donner désespérément envie de vous aimer à celles qui vous craignent
Seigneur Mokshi, annales de la Légion
[p.131]

Vient alors la dernière question : comment raconter métaphoriquement l’utérus dans le genre ultra codifié (et masculin) qu’est la science fiction ?

Aux limites de l'espace, aux limites du genre

Ce qui ressort des critiques, outre que le livre ne serait pas assez féministe, est que le livre ne serait pas non plus assez SF.

La couverture clame « ceci est de la science fiction ! », que ce soit d’ailleurs la couverture française signée Manchu, ou la couverture anglaise avec vaisseaux spatiaux, sur demande express de l’autrice :

Remerciements spéciaux à Stephan Youll pour cette fabuleuse couverture et à Joe pour m’avoir écoutée quand j’ai dit : « Bon sang, Joe, il faut absolument UN VAISSEAU SPATIAL SUR LA COUVERTURE ! »
[Remerciements pour les Étoiles sont Légion]

Alors le lecteur s’attend, puisqu’on lui a vendu du space opera, a avoir des explications « scientifique » sur le fonctionnement de l’univers. Il faudrait, apparemment, lui dire le pourquoi du comment de chaque éléments de décors, sans quoi, tout fera carton-pâte.

Sont visiblement attendues des explications sur pourquoi le vaisseau est fait de chairs et de sang, pourquoi certaines femmes accouchent d’humains et d’autres de pièces pour le vaisseau, pourquoi y a-t-il des mutantes, pourquoi le monde est malade, pourquoi il y a plusieurs niveau qui vont de la surface au cœur du vaisseau et quelle est l’utilité de chacun d’entre eux, etc, etc.

Pas assez SF. Trop fantasy.

J’avoue que j’ai du mal à comprendre cette critique.

D’abord parce qu’objectivement, le S de SF (et cela n’a rien d’une nouveauté) peut faire référence à de multiples sciences autres que la physique, en particulier la philosophie et la sociologie.
Ce n’est pas parce que le décorum n’a pas de raison d’être physique (par exemple une mer intérieure qui serait un réservoir de carburant, l’exemple n’est pas de moi) qu’il n’a pas de raison d’être du tout.

La raison d’être d’un vaisseau organique aux parois spongieuse n’est pas d’ordre fonctionnel, peu importe comment la Légion marche, peu importe où elle va. Ce qui importe est de l’ordre du symbole : qu’est-ce que cela raconte ?

La fécondité, je l’ai déjà dit, mais ce qui l’entoure également : le corps, la naissance, la mort, les cycles.

Mon éditeur m’a demandé si je voulais atténuer le gore dans une scène en particulier (l’infamant chapitre 14) et j’étais genre « Nope ! ». La vérité c’est que nos sac-à-viande de corps sont plutôt gluants et moites et dégueux. Je suis intrinsèquement liée à mon corps, comme n’importe qui, mais avoir une maladie chronique et devoir constamment gérer des problèmes de fertilité m’a fait réaliser à quel point on est tous gluants, et c’est ce qui ressort sur les pages.
[Source 1]

Alors oui, c’est violent. Il y a des montagnes de cadavres, des mutilations, des meurtres d’enfant, du cannibalisme, des substances en tout genre que l’on a aucune envie de toucher, ni même de voir. Mais cela n’est pas gratuit

Ensuite, subjectivement, j’aime quand les genres se mélangent, j’aime ne pas savoir exactement où ranger une œuvre.

Un critique a dit que Les Étoiles sont Légion était un mix entre la science-fiction de l ‘âge d’or et la nouvelle vague féministe ; je pense que c’est une bonne description. Je me suis réellement mise à la science-fiction durant la période où est apparu le « new weird », avec des auteurs comme China Mieville, K.J. Bishop, Jeff VanderMeer, Steph Swainston et bien d’autres. J’aime ces mélanges de genres qui dégoulinent, où tout est un peu vivant, organique, en changement constant. J’adore construire des mondes ! Entraîner mes lecteurs dans un endroit vraiment singulier me botte tout particulièrement.
[Source 3]

En vérité, il me semble que ce qui est reproché à l’œuvre, ce n’est pas tant de n’être pas assez SF, mais de mettre le genre au service d’une exploration du corps des femmes. Or les femmes, dans la SF, sont toujours minoritaires.

« Je connais des femmes qui écrivaient de la hard SF ou de l’Epic Fantasy et qui ont jeté l’éponge où se sont réorientées vers des genres comme l’Urban Fantasy ou la Romance qui accueillent plus volontiers les femmes »

« Je ne peux pas vous garantir, à vous jeunes autrices femmes, que les choses vont s’améliorer. Je ne vais pas prétendre que vous ne serez pas trollées, importunées, menacées ou harcelées. Mais je peux vous promettre que vous ne serez pas seule dans ce combat. »
[Source 2]

Voilà ce sur quoi je veux finir : je n’ai rien dit de l’histoire, des intrigues de pouvoir, de famille, de monde qui se colonisent, d’humaines comme de la chair à canon, de spoliation des ressources, de couches dans le monde, de l’amour qui ne fonctionne pas toujours, de trahisons multiples, de perte répétée de mémoire, de construction de l’identité, je n’ai nommée ni Jayd ni Zan, les deux narratrices de l’histoire, je ne vous ai pas dit combien oui, elles sont badass, ces femmes brutales qui s’affrontent dans le vide de l’espace et qui sont prêtes à tout sacrifier pour sauver ce qui peut l’être.

Tout ce que j’ai appris du monde m’a conduite à la conclusion que je devais renoncer à qui je suis pour nous sauver. On pourrait y voir de l’altruisme. Pour moi, c’est du bon sens. Sans avenir, il n’y a aucune raison de vivre comme je suis
Seigneur Mokshi, annales de la Légion
[p.313]

Mais je vous ai dit que c’était de la SF, et que c’était féministe, et que je vous conseille de le lire !

Sources

Source 1 : interview (en anglais) de Kameron Hurley pour la sortie des étoiles sont légion sur SFFworld. Extraits non traduits :

  • The Stars are Legion is part space opera, part thriller, about two warring families battling it out for control over a legion of organic starships. I wanted to create a truly autonomous, living system of ships that could live and even reproduce in the vacuum of space on the way to… wherever they were going.
  • Question : Why did you want to do this as an all-female universe?
    Answer : Why not? I had never seen it done before. Turns out the idea blended pretty seamlessly with the worldbuilding in the story, so it felt natural to the writing of it.

  • My editor did ask me if I wanted to tone down the gore in one particular scene (the infamous chapter 14) and I was like, “Nope!” The truth is that our meat-bag bodies are pretty squicky and sloshy and gross. I’m intrinsically tied to my body, as is everyone, but having a chronic illness and constantly dealing with issues related to fertility made me realize just how gooey we all are, and that comes out on the page.

Source 2 : interview (en anglais) de Kameron Hurley pour la sortie de The Geek Feminist Revolution, sur lightspeed magazine
Extraits non traduits :

  • My first book, God’s War, was actually me saying, “How can I have a matriarchy, but not have all the men be dead?” Because I read a lot of old school feminist science fiction, and a lot of people were just like, “Hey, I’m going to have a disease that kills all the men, and that’s how they have a matriarchy.” I was not buying that.
  • I was reading something recently where the “strong female protagonist” has almost just become a trope in itself, where literally it’s just, “Hey, I am a woman with a gun, and I’m running around in this world full of mostly men, and everyone respects me, and I have lots of sex, and that’s great, and I punch things, and that’s great,” but there’s nothing deeper than that. […]
    I run into this all the time. There’s no exploration a lot of times when I see people go, “Oh, well, women are equal.” What does that mean? […] Does that mean that there’s a class of people that has to do most of the childcare and the cooking? God, who does the cooking? There’s a lot of work that makes society function that we made into gendered work, so I think that really needs to be explored, and people don’t want to do that. They just want to go, “Woo, everything is equal.” It’s like, ahh, that one little part is.
    Then there’s also no deconstruction of masculinity. Is giving someone a gun any better?

  • There’s this idea that if a woman is tough, it can only be in a way that is still sexy, because if she is not still a sexual object, then that’s really scary and that’s abhorrent and that’s monstrous, and we need to get rid of that.
    So, what ends up happening is, yeah, you have the “tough but vulnerable” character […] So, yeah, it’s something that I try to be aware of, and it’s something that kind of bugs me when I see it in a lot of books as well, where it’s like, “Oh, she’s tough. She’s great. She’s awesome. And then she’s with the man that she loves and she sobs and cries.” Which, I get it.
    Where are all the women friendships as well, right? With a lot of these, you don’t see female friendships. You don’t see female background characters. It’s literally just this woman existing to kind of be a fantasy for guys. I don’t see as much of it where it actually feels like a living, breathing human being.
  • When I went to write my epic fantasy, The Mirror Empire, I said, “I want to make an epic fantasy with actual fantastic cultures.” I don’t just want to be like, “It is pseudo-medieval Europe that is just our idea of Medieval Europe, not how Medieval Europe actually was. And it’s a patriarchy, and horrible things happen to women, and all the menz are in charge, running around with swords that all of them can totally wield.” I’m like, okay, let’s do cool things with consent-based culture that’s polyamorous and matriarchal, and let’s have this violent matriarchy. Then let’s have a patriarchy, but they have three genders.
  • Question : You say, “I know women who wrote hard SF or epic fantasy who threw in the towel or went to genres like urban fantasy or romance that were far more welcoming to women authors.”
  • Question : I wanted to ask you about this. You say, “I can’t guarantee you young women writers that things are going to get better. I’m not going to pretend that you won’t get trolled, harassed, threatened, or stalked. But what I can promise you is that you’re not in this fight alone.”

Source 3 : Interview (en fraçais) de Kameron Hurley pour la sortie des Etoiles sont Légion, sur le site d’Albin Michel Imaginaire

Source Bonus : Un des essais de Kameron Hurley (paru dans the geek feminist revolution) et traduit en français, sur le site d’Albin Michel Imaginaire

8 comments

    1. Oh mais tant d’amour pour cet article /
      Quand je pense que j’étais sûre qu’il ne serait jamais lu par quiconque car trop long ^^’

    1. Haha mais ça c’est parce que je ne fais pas de différence entre Sf et Fantasy, je mets tout dans le même panier que j’appelle « SFFF » ou « de l’imaginaire » et si je peux avoir quelque chose d’encore plus large et flou qui serait juste « la littérature », je suis comblée 😉

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *