Triton – Samuel R. Delany

Le parcours de la femme trans ?

Je vois en quoi Triton a pu faire date dans l’histoire de la science-fiction. Je vois en quoi sa sortie est importante et a permis qu’aujourd’hui sortent d’autres livres, qui me parlent plus.

Dans la société de Triton, toutes les sexualités sont parfaitement acceptées, une quarantaine de sexes fondamentaux sont admis et une transition de l’un vers l’autre est une opération simple qui ne prendra jamais plus d’une vingtaine de minutes, quel que soit le nombre d’options choisies. Politiquement, on est dans une démocratie où chacun est soumis à ses propres règles, indépendamment des autres votants.

– Et quand vous avez des élections, aucun parti ne gagne ?
Bron regarda Sam qui décida d’en rire « Non. Ils gagnent tous. Pendant la durée du mandat, on est dirigé par le gouverneur du parti pour lequel on a voté. ils occupent tous cette charge simultanément. Et l’on profite des divers avantages annoncés par le programme de son parti.
[p.214]

C’est un monde dans lequel nous voudrions vivre, car quel que soit nos opinions, il y a une place pour nous. Il offre tant de libertés que la seule question qui demeure est de savoir qui l’on veut être.

C’est la d’ailleurs tout le tourment de Bron, le héro : lui ne sait pas ce qu’il veut.

– C’était l’endroit idéal pour grandir, certain d’être aimé quoi que tu fasses, quoi que tu sois, et tu peux acquérir tout la connaissance et toute la confiance en toi nécessaire en attendant de savoir ce que tu veux devenir. Mais le grand mensonge que répandent ces gens […] est le suivant : n’importe qui peut avoir tout cela […] Il te suffit simplement de savoir quel genre de bonheur tu désires, et jusqu’à quel point tu le désires. C’est tout. […] Mais qu’advient-il de ceux d’entre nous qui ne savent pas ? Qu’advient-il de ceux d’entre nous qui ont des problèmes et ne savent pas pourquoi nous les avons ?
[p.125]

Bron est un Marsien, il est arrivé sur Triton il y a un peu plus de dix ans et peine à s’adapter. Il vit dans une coop unisexuel masculine non spécifique sur le plan des préférences sexuelles, ce qu’il considère comme une forme d’échec :

Pourquoi diable [demande-t-il à l’un des hommes qui vit avec lui] restes-tu […] avec une bande de ratés, de névrosés, d’attardés mentaux et d’égoïstes comme nous ?
[p.43]

Il voit bien toutes les possibilités qui s’offrent à lui mais rien ne semble le tenter. Il dit seulement savoir ce qu’il n’aime pas. Il se laisse porter par les événements en accordant une importance démesurée au protocole, ce qu’on lui reproche d’ailleurs (à raison).

Ce qui me consterne – et c’est devenu très clair cette nuit – c’est que tu adhère italique à une sorte de code des bonnes manières, de bonne conduite, ou des choses correctes tout en étant tellement paresseux sur le plan émotionnel que tu es incapable de comprendre la seule raison valable pour laquelle un tel code a été créé : mettre les gens à l’aise, faire en sorte qu’ils se sentent bien, promouvoir la communication sociale.
[p.220]

Or deux événements particuliers s’imbriquent et qui vont accentuer son mal-être.

D’abord, sa rencontre avec l’Epine, une actrice dont il tombe « amoureux » après avoir vu par hasard une de ses micropièces de théâtre de rue. Il ressort chamboulé de l’expérience, n’arrivant pas à dire quel partie relevait de la pièce et lesquelles relevaient de l’interaction véritable avec l’Epine. Il est perdu. Il veut vivre avec l’Epine mais celle-ci le repousse. Il est insistant. Mais plus il l’est, plus il est repoussé (à raison, encore).

Ensuite, la guerre qui fait rage dans le système solaire. A cause de ce conflit qui n’est jamais vraiment expliqué, il se retrouve balloté jusque sur Terre, capturé, intérrogé, violenté, sauvé mais contraint de se taire. Il voit des gens mourir autour de lui et passe près de subir le même sort.

Tout cela fait qu’il se retrouve, presque sur un coup de tête, dans une clinique spécialisé où il déclare :

« Je voudrais être une femme »
[p.250]

En vérité, je pourrais finir là, et conclure comme ïan Larue l’avait fait que

s’il est un roman de la transidentité, de l’hybridité, de l’intersectionnalité, un roman méga queer et cyborg, c’est bien Triton de Delany
[p.177 – Libère-toi cyborg] » :

  • L’aspect purement corporel de la transition est bien traité (enfin y’a du bon et du moins bon mais le roman a été écrit en 1974, donc ça me semble pas pertinent de juger en détail avec mes connaissances des 2020) : si l’on a droit à deux pages de chromosomes XX versus chromosomes XY (je précise à toute fin utile, pour qui parmi vous ne le saurait pas, qu’avoir l’une ou l’autre des combinaisons ne présage pas nécessairement des caractères sexuels de la personne. Je vous laisse vous renseigner sur l’intersexuation si vous voulez en savoir plus) que la technologie du livre est capable de changer, ce n’est que pour mieux conclure :

– Et qu’est ce que cela donnera [de me donner un 2e chromosome X plutôt qu’un Y] ?
– Incroyablement peu de choses, en fait. Mais cela aide les gens à se sentir mieux.
[p.253]

  • La clinique a l’air au top. Et je ne parle pas de chirurgie, je parle de cette réplique :

« Je voudrais être une femme, génétiquement, hormonalement et physiquement… » Il s’apperçut qu’il serrait les mains. Il les écarta en ajoutant d’une voix plus douces : « Vous ne voulez pas connaitre mes raisons ? »
[…] « Madame Helstrom, ici, nous sommes des conseillers – pas des juges. Nous pensons que nous devez avoir vos raisons, et que vous avez réfléchi logiquement à tout cela avant de parvenir à cette conclusion. »
[p.255]

  • Et j’aime beaucoup ce parallèle qui est fait entre le métier de Bron (métalogitien) et sa décision de transitionner. La métalogique en effet est l’art de comprendre la logique elle-même et de la dépasser. C’est à dire qu’on a un personnage qui passe son temps à se demander si ces décisions sont logiques. Il voudrait qu’elles le soient toujours mais prend parfois des décisions qu’il ne peut expliquer. Comme par exemple : transitionner. Bron ne peut pas expliquer pourquoi il veut être une femme. En vérité, personne ne le peut (expliquer pourquoi son genre, pourquoi son orientation, pourquoi on aime ceci et pas cela…). Et c’est bien de le rappeler : il y a des choses qu’il n’est pas pertinent de vouloir justifier.

La logique peut uniquement nous parler des relations possibles entre des éléments déjà connus. […] Elle ne nous donne aucun moyen d’extrapoler à partir d’éléments extérieurs à ce que nous savons. L’analyse et l’extrapolation sont toutes deux produites par le raisonnement – dont la logique n’est qu’une partie très incomplète. […] Il n’y a jamais de raison logique de tenter d’améliorer une situation. Il y a toutefois bien des raisons, appartenant à d’autre typs, de réaliser autant d’amélioration qu’il est possible d’en effectuer raisonnablement. Tout processus de raisonnement s’écartant de la logique déductive est métalogique »
[p.256]

Oui, sauf que…

Le parcours de l'incel ?

Je n’arrive pas à penser à Bron comme à une femme trans.

ïan Larue écrivait

Le cheminement de la transidentité n’est pas présenté du tout comme un parcours volontaire, énergique et décidé. Aucun signe majeur n’illumine le héro
[p.182 – Libère-toi cyborg] »

Mais en vérité, il y a bien un déclic dans la tête de Bron : il se rend compte qu’il cherche une femme qui n’existe pas. Voilà ce que lui dit son ami Lawrence :

Ton problème, vois-tu, est que tu es surtout un pervers logique, et tu cherches une femme […] qui puisse apprécier une certaine forme de masochisme logique. Si c’était uniquement sexuel, tu n’aurais aucun mal à trouver une partenaire […]. Mais [quelle que soit la femme que tu considère], la seule chose qu’elle ne fera pas, c’est accepter ton bon vouloir, ton fais-moi-une-danse-à-claquette-en-restant-sur-ta-tête, ton cours-en-cercles-en-marchant-droit, surtout si c’est hors du lit et qu’elle n’a pas le moindre espoir d’en retirer un moment agréable. Heureusement ta perversion particulière est extrêmement rare de nos jours [ce qui] est étonnant, si l’on considère qu’autrefois c’était aussi facile d’avoir cette perversion que de se laisser pousser la barbe.
[p.243]

Ou, pour le dire en beaucoup moins de mots : c’est un connard et plus personne n’a envie de tolérer ça.

Bron est du genre à faire renvoyer une assistante par jalousie mal placée ou à humilier des employées en les faisant se battre et ramper pour quelques billets. Il fait des avances à des femmes qui lui ont clairement demandé d’arrêter. Et puis, chaque fois que quelqu’un lui adresse une critique (ou qu’il en ressent le besoin pour quelque raison), il réécrit l’histoire à son avantage. Il se ment à lui-même et ne s’en rend même pas compte (sauf à la toute fin : il s’aperçoit avoir menti mais se ment encore en pensant que c’est la première fois). Bref : c’est une enflure / manipulateur / pervers narcissique.

Quand il transitionne, ce n’est pas vraiment par envie d’être une femme, mais, je cite :

« L’humanité. Avant, on disait « l’Homme ». Et je me souvient d’avoir lu que certaines femmes protestaient parce qu’elles considéraient ce terme comme trop exclusifs. Et pourtant, fondamentalement, il n’était pas assez exclusif ! […] Ce sont les hommes qui donnent à l’espèce toute sa saveur, et particulièrement les hommes qui peuvent accomplir ce que j’ai fait.
– Changer de sexe ?
– Ce que j’ai fait avant… avant quand j’étais un homme. Je ne suis plus un homme, je n’ai plus besoin d’être modeste sur tout ça. Ce que j’ai enduré pendant la guerre, et la torture, et la terreur qui la précédait, la bravoure qu’il fallait avoir là-bas, à cause de ça. Cela m’a montré ce qu’est réellement un caractère mâle. Et c’est la chose la plus importante dont puisse profiter l’espèce. […] Je sais que seuls les gens qui connaissent tout cela comme moi, les vrais hommes […] méritent vraiment plus qu’une position de second ordre dans l’espèce… [….] Je sais aussi que ce genre d’homme ne peut pas être heureux avec une femme ordinaire, comme celles que l’on trouve de nos jours. Quand j’étais un homme, j’ai bien essayé. Mais ce n’est pas possible […] Pourquoi j’ai fait cela ? […] Je l’ai fait pour préserver l’espèce. »
[p.263]

Bron est un homme qui ne supporte pas d’avoir été éconduit par une femme (l’Epine) et se réfugie dans une misogynie exacerbée.

Bron est, très littéralement, un incel.

Bron ne veut pas être une femme parce qu’elle serait trans, il veut en devenir une pour incarner la femme idéale et faire le bonheur d’un vrai-hommeTM tel que lui-même. Transitionner est à ses yeux un ultime acte d’héroïsme viril.

Bron ne se sent pas femme au moment de transitionner, et cela ne manque pas de surprendre le personnel de la clinique :

– Et la partie psychologique ?
[…] L’homme se redressa, recouvrant son sourire. « Je ne comprends pas très… Vous voulez être transformé physiquement en femme. Et vous… » Et se rappuya contre le fauteuil. « Vous ne voulez pas dire que… eh bien – » Il toussota de nouveau. « En fait, madame Helstrom, vous venez de nous présenter une situation vraiment inhabituelle. La plupart de nos… de nos clients masculins désirent subir une opération chirurgicale parce que, d’une manière ou d’une autre, ils ont l’impression que leur psychologie est déjà, dans un certain sens, plus assortie à un corps féminin et à un comportement féminin, quelle que soit la façon dont ils perçoivent ça. Mais j’en déduis… » Les sourcils se rapprochèrent – « que vous n’êtes pas dans ce cas ?
– Non »
[p.257]

Une fois la transition effectuée, Bron se rend compte que cela ne marche pas. Elle est encore plus malheureuse qu’avant : elle n’arrive pas à trouver l’homme qu’elle s’était donné pour mission de rendre heureux. Elle s’aperçoit qu’elle ne le pourra jamais car, pour accomplir sa mission, elle devrait révéler qu’elle comprend « la solitude profonde du mâle », et donc cesser d’être « une vrai femmeTM » aux yeux de l’homme qu’elle veut aider.

Des cinquante « sexes fondamentaux » évoqué brièvement par l’Epine, Bron n’en voit jamais que deux : depuis le début du roman, il passe son temps à regarder l’entrejambe ou la poitrine des gens pour les catégoriser homme ou femme (ouais dans le roman la moitié des gens se promènent nus)

(franchement, toute cette théorie [du genre] lui avait d’abord paru très bonne [quand il avait dix ans], puis complétement artificielle)
[p.120]

Le roman s’attarde beaucoup sur les différences entre les hommes et les femmes, et dit des choses vraiment pertinente sur les différences de traitement des uns et des autres. Mais Bron ne souscrit jamais à l’analyse sociale qui lui est pourtant présentée. Par exemple ici, par Lawrence :

« La différence [entre les hommes et les femmes] est simplement celle-ci : les femmes n’ont vraiment été traitées, par cette étrange abstraction durkheimienne qu’on appelle la « societé », comme des être humains que depuis – oh, disons soixante-cinq ans : et en fait, seulement sur les lunes : alorsque les hommes ont bénéficier de ce traitement depuis quatre mille ans. Le résultat de cette anomalie historique est tout simplement que, au niveau statistique, le femmes sont un peu moins encline que les hommes à supporter une certaine sorte de merde »
[p.242]

Il reste fidèle à son idéologie masculiniste. Tous ses problèmes, il les mets d’abord sur le compte des autres, qui ne comprendraient pas les souffrance des « vrais hommes » hétérosexuels tels que lui (ce qui est d’autant plus idiot à dire venant de lui, sachant qu’il est bi) :

– [Les femmes] ne comprennnent pas les hommes… Pas toi Lawrence. Je parle des hommes ordinaires, hétérosexuels. Elles ne peuvent pas les comprendre. C’est une impossibilité logique. Je suis logicien et je sais de quoi je parle. […] Je définis et redéfinis la relation entre P et non-P durant cinq heure par jour, quatre jour par semaine. Les femmes ne comprennent pas. Les pédés ne comprennent pas non plus.
[p.242-243]

Puis, une fois qu’il a transitionner et que les choses ne s’améliorent pas, qu’elles empirent au contraire, il se focalise sur le corps, les hormones, les chromosomes, la biologie qui serait responsable de tout en l’ayant rendu trop ou pas assez femme…

– Et au sujet de… eh bien, de ma récente inéfficacité au bureau.
– Je ne pense pas que ce soit une question d’hormones – ni qu’elles puissent t’aider à résoudre le problème.
– Alors ?
– Il est possible que tu sois tout simplement quelqu’un qui croit que les femmes sont moins efficaces. Et tu t’efforce de ressembler à ta propre image.
– Mais c’est ridicule ! […] Je ne pense rien de tel. Et je ne l’ai jamais pensé. [Pour rappel, 20 pages plus tôt il déclarait : « Je sais que seuls les gens qui connaissent tout cela comme moi, les vrais hommes […], méritent vraiment plus qu’une position de second ordre dans l’espèce »][p.283]

Quand les autres lui font remarquer les inégalités auxquels étaient (et sont toujours, hors lunes) soumises les femmes, il peut au mieux envisager cela comme une hypothèse. Et même alors, il regrette ce passé binaire où le sexisme régnait. Son discours est la quintessence de l’anti-fémininsme.

« C’est étrange, cette manière que nous avons de décrire le passé comme un endroit où régnaient l’injustice, l’iniquité, la maladie et le désordre, et pourtant, d’une certaine façon, les choses y étaient plus… simples. Parfois, je souhaiterais vivre dans le passé. Et je voudrais parfois que tous les hommes soient forts et les femmes faibles, même s’il faut y parvenir en évitant de les éduquer et de les choyer dans leur petite enfance, ou de leur proposer des modèles féminins forts auxquels elles puissent s’identifier psychologiquement et socialement. »
[p.287]

-

Au final le parcours de Bron en dit beaucoup sur les rapports homme/femme. Et ïan Larue (oui toujours elle) avait raison de dire :

Delany ouvre une parenthèse critique sur le temps présent, précisant que lors de la décennie où « deux hommes ont marché sur la surface de la Lune », le sexisme détruisait les femmes dès leur plus tendre enfance : « Une fillette de cette époque, pendant la première année de sa vie, pouvait s’attendre à avoir deux fois moins de contacts physiques avec ces parents qu’un garçonnet. » Or on sait que « l’importance du contact physique durant la petite enfance » est essentielle, « concernant aussi bien la force future de l’enfant que son autonomie psychologique » (p.362).
La question du binarisme, des rôles genrés, de l’asymétrie entre « hommes » et « femmes » est ici abordée de front. Dès la naissance, les filles sont moins aimées, moins câlinées, moins valorisées.
[p.180 – Libère-toi cyborg]

et de préciser qu’in fine, c’est la binarité même qui est critiquée :

C’est justement cette conformité à « l’autre rive » que dénonce Delany pour finir. En devenant une femme […] Bron perd toute son autonomie psychologique : elle attend un hommes, elle est tendue dans cet espoir, son travail s’en ressent et est jugé moins bon par ses employeurs. Elle va en boîte pour faire des rencontres masculines et souffre de devoir s’inscrire dans une passivité, celle de l’attente – il lui faut tenter de se mettre sur le chemin d’un homme sans lui demander directement. C’est bien une certaine condition féminine, résultant des superstitions sociales, qui est décrite ici, celle de la dépendance psychologique acquise.
[p.183 – Libère-toi cyborg]

Mais malgré tout, je ne peux pas dire comme elle que Triton soit le roman de la transidentité.

C’est plutôt le roman de la mise en échec de la pensée misogyne et viriliste promue par les incels. Et c’est très bien. Mais dans ce contexte, la transidentité de Bron est présentée comme une dernière tentative désespérée de repli idéologique masculiniste qui finira de le rendre malheureux : une ultime punition scénaristique, en somme.

Et ça, pour moi, ça a gâché tout le reste.

Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai d’abord été très emballée, puis dubitative, puis vraiment en colère puis « wow je vois ce qu’il veut dire » et « merde comment je vais chroniquer tout ça (parce qu’il est évident que j’ai envie d’en parler) ».

Je viens de passer plusieurs heures à chroniquer et analyser tout ce que le roman fait de bien… sans pour autant me sortir de la tête qu’en vérité, non, personne ne transitionne par sexisme, pour prouver que les hommes feraient de bien meilleures femmes grâce à leur « compréhension de la solitude du mâle » ; et non, on avait vraiment pas besoin de ce genre de représentation.

Au final, même si le roman a des qualités, même s’il a marqué la science-fiction et qu’il mérite d’être considéré comme un classique, je n’ai pas aimé du tout. Bron représente tout ce que je déteste (le suprémascisme masculin, l’antiféminisme, le mensonge et la duplicité, l’incapacité de se remettre en question, la misogynie, l’attachement à des schémas de pensé patriarcaux, la manipulation…) et je n’ai pris aucun plaisir à voir tout cela associé à la transidentité. Pas avec la transphobie ambiante de notre société et le cruel manque de représentation de la transidentité dans la fiction.

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