Créer une idéologie lgbtphobe pour les nul·les

J’aime comprendre.

Ou j’en ai besoin.

Je ne peux pas me contenter face aux LGBTphobies (ou toute autre oppression) de me dire « iels sont méchant·es/con·nes », car cette déshumanisation de l’ennemie ramené à leur bêtise présumée m’apparait contre-productive à plus d’un titre :

  • C’est s’empêcher de repérer les mécanismes et donc de les déconstruire y compris pour soi (il est pour moi essentiel de toujours penser à se remettre en question)
  • C’est sous-estimer l’adversaire (en pensant qu’il est bête à titre personnel et aussi en ne voyant pas toute la machinerie systémique sur laquelle il se repose, et qui fait qu’en vérité il n’a pas besoin de déployer plus d’efforts intellectuels que ça pour être puissant)
  • C’est s’épuiser inutilement en ne reconnaissant pas les arguments qui, même si on les démonte, relève d’une couche très superficielle de l’oppression (couche qui sera remplacée immédiatement par une autre sans que le squelette n’ai été effleurée)
  • C’est partir perdant car on est pas entraîné·e à repérer quand l’autre fixe ses propres termes au débat

A ce stade de l’article je ne résiste pas à vous partager l’excellente chaine youtube Innuendo Studio qui fait un excellent travail sur l’explication des mécanismes de l’Alt-Right / de la fachosphère.

Or donc : quel est le squelette des LGBTphobies ? La structure sur laquelle viennent se reposer tous les pseudo-arguments possibles (une structure suffisamment robuste pour accepter de nouveaux arguments, suffisamment souple pour changer son vocable au gré de l’évolution du politiquement correcte, suffisamment cachée pour ne pas être attaquée et démontée, suffisamment reproductible pour ne pas être couteuse à mettre en place) ?

Je vois une logique en deux phases :

Coté pile
De l’incompréhension au rejet

Étape 1 : identifier une différence incompréhensible

Je ne suis pas comme ça alors personne ne peut l’être

Étape 2 : Chercher une explication « autre ». Deux possibilités :

Cette personne doit être malade (car elle ne peut pas être naturellement comme elle dit être)

Cette personne doit mentir (car elle ne peut pas être comme elle dit être)

Étape 3 : Conclure que la personne n’est pas comme « nous » et commencer à s’inquiéter qu’elle essaie de « s’infiltrer ».

Côté face
De la peur de « l’infiltration » à la haine

Etape 4 : Se demander pourquoi la personne voudrait infiltrer « nos » milieux. Deux possibilités :

Cette personne est malade

Cette personne est mal intentionnée

Etape 5 : Trouver quelles pourraient être les mauvaises intentions de la personnes en faisant des parrallèle avec les (fausses, je rappelle) explications de l’étape 2.
NB : Puisqu’il est question de genre (ramené au sexe) et de sexualité, penser pour cette étape qu’il est étrangement facile de parler de menace d’ordre sexuel (et de faire de toutes les lettres LGBT+ des prédatorices sexuelles en puissance, oui, même les ace)

Étape 6 : Se dire qu’on a créé une image dystopique vraiment convaincante de « et si on acceptait ces gens » et commencer à les craindre / haïr.

L’intérêt selon moi de ce schéma c’est que si vous répondez à un argument du côté face, vous avez déjà perdu, car vous validé implicitement le fondement erroné du côté pile.

Note : le fait qu’il y ait toujours l’argument « la personne ment » en phase deux rend le système robuste, parce que vous ne pourrez jamais prouver que vous êtes ce que vous dites être, même en déconstruisant toutes les autres idées reçues une à une. Vous aurez beau avoir un argumentaire implacable, il sera toujors possible pour le LGBTphobe de dire « mais de toute façon je ne te crois pas ».

Au final, le coeur du problème est toujours l’étape 1, et tant que ce n’est pas de cette étape là qu’il est question dans un échange, on perd notre temps.

Dans la suite de l’article, je vais remplir mon schéma pour les différentes lettres du sigles LGBT+ (en procédant par ordre alphébétique, et avec un petit encadré à la fin qui donne des contre-arguments adressés aux personnes X-phobes)

Acephobie & arophobie

Étape 1 : « Les humains ressentent forcément de l’attirance romantiques/sexuelles (comme moi) »

Étape 2 : « Donc si une personne prétends ne pas en ressentir c’est forcément que :

  • Elle a une éducation puritaine et culpabilisante sur la sexualité qu’elle s’est mise à rejeter
  • Elle est traumatisée (elle a pu être violée par ex)
  • Elle est en fait incapable d’avoir des relations sexuelles (ou s’en croit privé à la manière incel) et se ‘protège’ en prétendant qu’elle ne veut pas en avoir de toute façon
  • Elle ment »

Étape 3 : « L’assexualité et l’aromantisme ne relèvent donc pas d’une vraie identités LGBT et les personnes aroace n’ont rien à faire dans les espaces queer »

Étape 4 : « Mais les personnes aroace disent être LGBT, peut-être pour se rendre intéressantes en prétendant appartenir à une minorité, ou peut-être parce qu’elles ont des intensions mauvaises 😱 »

Étape 5 : « Si les personnes aroace infiltraient nos milieux elles pourraient :

  • Propager leur idéologie puritaine et culpabilisante dans un milieu qui peine déjà à s’émanciper sexuellement
  • Projeter leur trauma sur tout le monde et faire des accusations mensongères
  • Se comporter comme des incels (qui pour rappel sont des meurtriers et des terroristes)
  • Se comporter en personne privilégiée cishet qu’elles sont réellement et empêcher la cause LGBT d’avancer »

Étape 6 : « Nous avons donc raison de rejeter les personnes aroace qui sont des incels (et donc de prédatorices sexuelles) en puissance »

1 –  Et donc en fait, si : on PEUT n’être romantiquement/sexuellement attiré·e par personnes.

2 – Quant aux idées reçues associées :

  • Ne pas vouloir à titre personnelle avoir de relation sexuelle ne veut pas dire qu’on les désaprouve (j’aime pas le café ça veut pas dire que je veux interdire sa consommation)
  • Y’a vraiment aucun lien avec les traumatisme, et quand bien même : si une personne est traumatisée on devrait juste la soutenir encore plus.
  • Le fait de ne pas avoir d’attirance romantique/sexuelle ne veut pas dire qu’on est abstinent de tout : on peut être ace et en couple, ace et avoir des relations sexuelles (pour diverses raisons comme partager un moment avec saon partenaire ou juste avoir du plaisir physique), on peut être ace et aimer parler sexo, etc etc
  • ON NE MENT PAS

Biphobie & panphobie

Étape 1 : « Les humains ressentent forcément de l’attirance romantiques/sexuelles pour un seul genre (comme moi) »

Étape 2 : « Donc si une personne prétends ne pas avoir de préférence c’est forcément que :

  • Avoir une relation malsaine à la sexualité (qui s’en trouve exacerbée)
  • Elle refoule son homosexualité
  • Elle refoule son hétérosexualité / Elle ment »

Étape 3 : « Seules les personnes bi/pan qui sont homo sont vraiment LGBT, et l’oppression qu’elles subissent est de l’homophobie, pas de la bi/panphobie »

Étape 4 : « Mais les personnes bi/pan disent être LGBT à part entière, peut-être pour se rendre intéressantes en prétendant appartenir à une minorité, ou peut-être parce qu’elles ont des intensions mauvaises 😱 »

Étape 5 : « Si les personnes bi/pan infiltraient nos milieux elles pourraient :

  • Avoir un comportement de prédation sexuelle et être infidèles
  • Causer du tort en raison de leur homophobie internalisée
  • Se comporter en personne privilégiée cishet qu’elles sont réellement et empêcher la cause LGBT d’avancer »

Étape 6 : « Nous avons donc raison de rejeter les personnes bi/pan prédatorices en puissance »

1 –  Et donc en fait, si : on PEUT être romantiquement/sexuellement attiré·e par plusieurs genres de personnes.

2 – Quant aux idées reçues associées :

  • Être attiré par plusieurs genres et non pas un seul ne veut pas dire qu’on est attiré par tout le monde de façon exacerbée (on peut être bi ET ace par exemple)
  • Ce n’est pas une phase d’indécision ou d’hétérosexualité compulsive (bien que l’hétérosexualité compulsive existe hein)
  • ON NE MENT PAS

Enbyphobie

Étape 1 : « Il n’y a que deux genres possibles, masculin ou féminin (comme moi qui suit un homme/une femme) »

Étape 2 : « Donc si une personne prétends n’être ni l’un ni l’autre c’est forcément que :

  • Elle n’a pas compris ce qu’est le genre
  • Elle cherche artificiellement à fuir ses catégories (et donc ses responsabilités)
  • Elle est malade/faible/manipulé·e
  • Elle refoule le fait d’être trans (binaire)
  • Elle refoule le fait d’être cis / Elle ment »

Étape 3 : « La non-binarité ne relève donc pas d’une vraie transidentité et les personnes non-binaire n’ont rien à faire dans les espaces trans »

Étape 4 : « Mais les personnes non-binaire disent être trans, peut-être pour se rendre intéressantes en prétendant appartenir à une minorité, ou peut-être parce qu’elles ont des intensions mauvaises 😱 »

Étape 5 : « Si les personnes trans infiltraient nos milieux elles pourraient :

  • Détruire le genre alors qu’il est important pour plein de personnes binaire (trans et cis)
  • Pour les AMAB nier leur privilège masculin tout en continuant d’en jouir, pour les AFAB être des traitres au féminisme en accaparent pour elles seule des privilèges masculins (voir rubrique Transphobie)
  • Décrédibiliser la transidentité en la faisant passer pour une simple mode
  • Causer du tort en raison de leur transphobie internalisée
  • Se comporter en personne privilégiée cis qu’elles sont réellement et empêcher la cause trans d’avancer »

Étape 6 : « Nous avons donc raison de rejeter les personnes non-binaires »

1 –  Et donc en fait, si : on PEUT n’être ni un homme ni une femme (mais les deux, ou aucun des deux, ou un mélange des deux, ou alternativement plusieurs choses, etc…)

2 – Quant aux idées reçues associées :

  • On sait ce qu’est le genre (vraiment y’a tellement de phases de doutes avant de ses déclarer non-binaire c’est pas un truc qu’on fait à la légère. Mais quand bien même : so what ? Vous vous l’avez compris ? Vraiment ?)
  •  Vous pensez vraiment que la transphobie+enbyphobie c’est plus confortable ? (spoiler : non)
  • C’est l’hétérocisnormativité qui veut nous manipuler…
  • Ce n’est pas une phase d’indécision
  • ON NE MENT PAS

Homophobie, lesbophobie & LGBTphobies en général

Étape 1 : « Toute personne est forcément attirés par les personnes de l’autre genre, et c’est tout (comme moi) »

Étape 2 : « Donc si une personne prétends déroger à cette règles c’est forcément que :

  • Elle est a subit un traumatisme (elle a pu être violé par une personne du même genre plus âgée pendant son enfance par ex) qui lui a fait avoir un rapport complètement faussé avec la sexualité
  • Elle est malade/faible/manipulé·e
  • Elle est ‘possédée par le démon’ qui la pousse à se livrer à des actes ‘contre-nature’ / Elle ment »

Étape 3 : « L’homosexualité ne relève donc pas d’une pratique acceptable et les homosexuel·les (auxquels sont rataché les personnes trans perçues comme des « homo qui vont trop loin », les personnes bi/pan perçues comme des « homo qui se laissent aller à leur tard quand bien même il leur serait possible de faire autrement » et les aroace perçues comme des « homo qui nient leur homosexualité en prétendant n’être attiré par personne ce qui n’est pas possible » ) n’ont rien à faire dans l’espace publique »

Étape 4 : « Mais les personnes homosexuelles disent mériter des droits, peut-être pour se rendre intéressantes, ou peut-être parce qu’elles ont des intensions mauvaises 😱 »

Étape 5 : « Si les personnes homosexuelles infiltraient l’espace publique elles pourraient :

  • Reproduire sur d’autre le comportement sexuelle qu’elle a observé et qui l’a traumatisée à la base (viol, prédation sexuelle, pédophilie, inceste, etc)
  • Propager l’idéologie LGBT auprès d’autres personnes malades/fragiles/manipulables (en particulier aux enfants) ce qui causera des souffrances
  • Se comporter en personne mauvaises qu’elles sont réellement et empêcher l’humanité d’avancer (puisque les personnes homosexuelles ne peuvent pas se reproduire ‘naturellement’) »

Étape 6 : « Nous avons donc raison de rejeter les personnes homosexuelles qui sont des prédatorices sexuelles en puissance »

1 –  Et donc en fait, si : l’attirance ne se limite pas aux personnes de l’autre genre

2 – Quant aux idées reçues associées :

  • Y’a vraiment aucun lien avec les traumatisme, et quand bien même : si une personne est traumatisée on devrait juste la soutenir encore plus.
  • C’est l’hétérocisnormativité qui veut nous manipuler…
  • Le démon ? Sans déconner ?
  • ON NE MENT PAS

Intersexophobie

Note : il y a (du moins je crois) des différences possibles entre l’intersexophobie et les autres LGBTphobies :

  • l’une relève en premier lieux du rejet des corps différents (ce qui mène ensuite à rejeter les personnes porteuses de ces corps, à museler leurs paroles et stigmatiser les identités qu’elles construises)
  • les autres rejettent d’abord des identités différentes (ce qui mène ensuite à rejeter les corps en tant que supports d’expression de ces identités variées).

Il se peut que cette différence entraine des inexactitudes dans mon tableau. Car, ne connaissant pas assez les détails de l’interxophobie hors de celle commise par la médecine, j’ai pu oublié des éléments (et je m’en excuse par avance).

Étape 1 : « Les hommes et les femmes correspondent à deux états ‘biologiques’ distincts : XY+penis+poils+barbe+mue+testostérone pour les uns, XX+vagin+seins+oestrogènes pour les autres (comme moi) »

Étape 2 : « Donc si une personne a des caractéristiques sexuelles (primaires ou secondaires) qui la place dans un autre deux c’est forcément que :

  • C’est une erreur de la nature (donc forcément nocive pour leur santé) qu’il faut corriger
  • Elle ment si elle prétend que ça lui convient »

Étape 3 : « L’intersexuation ne relève donc pas d’une variation valide du vivant et nous avons raison de mutiler les personnes intersexes »

Étape 4 : « Mais les personnes intersexes disent être contre les mutilations qu’on leur fait subir, peut-être pour se rendre intéressantes en prétendant être des victimes, ou peut-être parce qu’elles ont des intensions mauvaises 😱 »

Étape 5 : « Si les personnes intersexes n’étaient plus mutilées dès la naissance elles pourraient :

  •  Nuire aux futurs personnes intersexes qui ne seront pas mutilées sans consentement et donc resteront dans un entre-deux nocifs.
  • Démontrer une bonne fois pour toute que les cases hommes/femmes n’ont aucun sens et que par conséquent ni le sexisme ni les LGBTphobies n’ont de sens (voir toutes les autres sections de l’article) »

Étape 6 : « Nous avons donc raison de rejeter les personnes intersexes en n’écoutant jamais leurs revandications »

1 –  Et donc en fait, si : la nature n’est pas binaire. Il y a tout un éventail de variations possibles entre le « féminin » et le « masculin »

2 – Quant aux idées reçues associées :

  • La plupart de ces variations ne présentent aucun danger pour la santé des personnes
  • Le fait de leur faire subir des chirurgies ou toutes sortes d’interventions (certaines étant des viols caractérisés) causant potentiellement des dommages irrémédiables physiquement et/ou psychologiquement, ce sans nécessité vitale et sans requérir le consentement éclairé des personnes : ça s’appelle de la mutilation et de la torture
  • MUTILER LES GENS C’EST MAL

Transphobie, transmisogynie et idéologie TERF

Étape 1 : « On est forcément du genre qu’on nous a assigné à la naissance (comme moi) »

Étape 2 : « Donc si une personne prétend être autre chose que sont genre assigné c’est forcément que

  • Elle cherche artificiellement à fuir ses catégories (et donc ses responsabilités, surtout si c’est une femme trans)
  • Elle est malade/faible/manipulé·e (surtout si c’est un homme trans)
  • Elle ment »

Étape 3 : « La transidentité ne relève donc pas d’une identité de genre valide et les femmes trans ne sont pas des femmes comme nous / les hommes trans ne sont pas des hommes comme nous »

Étape 4 : « Mais les personnes trans disent être des femmes/hommes, peut-être pour se rendre intéressantes en prétendant appartenir à une minorité (celle des femmes pour le cas des femmes trans, celle des LGBT pour tous les cas), ou peut-être parce qu’elles ont des intensions mauvaises 😱 »

Étape 5 : « Si les personnes trans infiltraient nos milieux (féministes/LGBT) elles pourraient :

  • Pour les femmes trans (ou personnes transfem) nier leur privilège masculin tout en continuant d’en jouir (notamment en ayant un comportement de prédation sexuelle), Pour les homme trans (ou personnes transmasc) être des traitres au féminisme en accaparent pour elles seule des privilèges masculins (dont iels adoptent potentiellement les codes comme la prédation sexuelle)
  • Propager l’idéologie trans auprès d’autres personnes malades/fragiles/manipulables qui transitionneront à leur tour ce qui engendrera des souffrances quand les changements irréversibles opérés s’avèreront être des erreurs
  • Se comporter en personne privilégiée masculine (par leur assignation ou par leurs objectifs de transition) qu’elles sont réellement et empêcher le féminisme d’avancer »

Étape 6 : « Nous avons donc raison de rejeter les personnes trans qui sont des prédatorices sexuel·les en puissance »

1 –  Et donc en fait, si : notre genre n’est pas forcément celui qui nous a été assigné

2 – Quant aux idées reçues associées :

  • Vous pensez vraiment que la transphobie (avec bonus pour la transmisogynie pour les femmes trans qui subissent la transphobie ET la misogynie) c’est plus confortable ? (spoiler : non)
  • C’est l’hétérocisnormativité qui veut nous manipuler…
  • ON NE MENT PAS

Rejet du polyamour (en dernier car je connais pas de nom spécifique pour ça)

Étape 1 : « On aspire forcément au couple mono-exclusif (comme moi) »

Étape 2 : « Donc si une personne prétend vouloir (et pouvoir !) aimer plusieurs personnes à la fois c’est forcément que :

  • Elle cherche artificiellement à fuir ses responsbilités car elle ne veut pas faire l’effort de rester fidèle
  • Elle est malade/faible/manipulé·e, potentiellement suite à un trauma d’abandon (ce qui lui fait accepter de vivre une relation avec une personne infidèle, ce qui la rend secrètement malheureuse)
  • Elle ment »

Étape 3 : « Le polyamour ne relève donc pas d’une pratique acceptable et les personnes polyamoureuses n’ont rien à faire dans l’espace publique / nos espaces LGBT »

Étape 4 : « Mais les personnes polyamoureuses disent mériter des droits / être LGBT, peut-être pour se rendre intéressantes en prétendant appartenir à une minorité, ou peut-être parce qu’elles ont des intensions mauvaises 😱 »

Étape 5 : « Si les personnes polyamoureuses infiltraient nos espace publiques / milieux LGBT elles pourraient :

  • Se montrer infidèles et avoir un comportement (surtout pour les hommes polyamoureux) de mâles dominants polygames qui imposent unilatéralement les conditions de leurs rapports (sexuels et romantiques) aux autres
  • Donner du pouvoir et de la crédibilité au polyamour et donc aux personnes qui se servent de cette étiquette ‘safe’ pour justifier de se comporter comme des trou de cul
  • Se comporter en personne privilégiée (cishet) qu’elles sont réellement et empêcher le féminisme / la cause LGBT d’avancer »

Étape 6 : « Nous avons donc raison de rejeter les personnes polyamoureuses qui sont des émissaires de la masculinité toxique (donc des prédatorices sexuel·les) en puissance »

1 –  Et donc en fait, si : on peut entretenir des relations saines et consenties avec plusieurs partenaires

2 – Quant aux idées reçues associées :

  • Dans le polyamour la communication et le consentement sont centraux, et il et faux de parler de tromperie quand tous les parties se sont mis d’accord ensemble au préalable et ont continué de s’assurer régulièrement que la situation leur convenait. Aussi, le fait d’être en couple polyamoureux demande en fait plus d’efforts, puisqu’il faut communiquer efficacement et activement au lieu de se reposer sur une règle préétablie et non-discutable de « non est ensemble alors on ne voit personne d’autre »
  • L’injonction au couple mono-exclusif est plus forte, et par ailleurs, merci de nous laisser décider par nous même si une situation nous convient ou non.
  • ON NE MENT PAS

Bonus : Machisme et théorie Incel

Par ailleurs, je trouverais intéressant de voir s’il est possible d’appliquer ce schéma à d’autres oppressions.

Je trouve que cela marche plutôt bien avec le sexisme par exemple :

Étape 1 : « Les Hommes sont des être intelligents qui apprécient la gentillesse (comme moi, je suis gentil) »

Étape 2 : « Donc si une femme prétend ne pas vouloir relationner avec moi (qui suis gentil) c’est forcément qu’elle cherche autre chose comme :

  • De l’argent (qu’elle ne peut pas se le procurer seule parce qu’elle est faible)
  • De la protection (qu’elle ne peut pas se le procurer seule parce qu’elle est faible)
  • Quelconque autre truc associé à la virilité/masulinité (qu’elle ne peut pas se le procurer seule parce qu’elle est faible) »

Étape 3 : « Les femmes sont donc des êtres fondamentalement différents des Hommes qui n’usent de gentillesse que pour séduire le mâle qu’elles auront pris pour cible. Mais une fois dans un couple installé, et l’homme amoureux rendu dépendant de leur affection, elles révèlent leurs vraies natures. Il ne faut donc pas les considéré comme nos égales »

Étape 4 : « Mais les femmes disent mériter leur place parmi nous, peut-être pour se rendre intéressantes en prétendant être comme nous, ou peut-être parce qu’elles ont des intensions mauvaises 😱 »

Étape 5 : « Si les femmes infiltraient nos espaces de pouvoir elles pourraient :

  • Ne même plus avoir à masquer combien manipulatrices elles sont et pouvoir assoir leur emprise sur leurs victimes masculines grâce à l’appui des lois (qui leur permettent de garder l’argent apres un divorse par ex, alors que ce sont les hommes qui font tout)
  • Sélectionner uniquement les hommes virils et contraindre les autres au célibat éternel… et donc au désespoir »

Étape 6 : « Nous avons donc raison de rejeter les femmes qui ne sont que des manipulatrices infâmes conçues pour nous exploiter et nous détruire »

1 –  Et donc en fait, non : tu n’es pas un ange (parce que tu es : sexiste)

2 – Quant aux idées reçues associées :

  • Les femmes sont très capable de produire autant qu’un homme dans le monde du travail. Et si elles en sont empêchée, ce n’est pas par leur biologie inférieure mais par le patriarcat et le sexisme.
  • Les femmes apprécient la gentillesse, mais encore une fois, spoiler : la gentillesse n’est pas compatible avec machisme exacerbé.

CONCLUSION

Ce que l’on peut noter, c’est que toutes les oppressions que j’ai décrite excluent d’un milieu qui peut-être (en poupée Russe) : la société en générale, le milieu féministe, la communauté LGBT, le milieu trans (sachant qu’une personne rejetée par un sous-milieu est aussi rejeté par le milieu plus global).

Ainsi il est possible de dresser une carte des oppressions comme suit :

Précisions importantes :

  • Les personnes LGBT+ sont toutes celles qui subissent une des discrimintations représentées en vert (toutes les discrimination représentées sauf le sexisme donc)
  • Les personnes queer sont (pour moi) les personnes LGBT qui comprennent politiquement où elles se situent sur ce graphe (observent les discriminations qu’elles subissent ET questionnent leur privilèges, y compris ceux qui ne sont pas représentés ici. Voir point suivant)
  • Le schéma est incomplet puisqu’il ne représente pas toutes les oppressions (racisme et validisme sont absents) et donc occulte les problèmes d’intersectionnalité.
  • Le fait que la Y-phobie soit représentée au dessous du milieu X créé en réaction à la X-phobie ne veut pas dire que la Y-phobie émane du milieu X : elle émane de la société en générale ET et reproduite par le sous-milieu X. (Ex : la biphobie est produite par la société en générale ET est aussi reproduite au sein des milieux Gays et Lesbiens)
  • Le fait pour une discrimination d’être plus basse dans le tableau NE veut PAS dire qu’elle est plus grave (toujours le même exemple : la biphobie ce n’est ni plus grave ni moins grave que la lesbophobie. Les deux existent, c’est tout)
  • J’ai mit des guillemets à milieu « LGBT » pour signifier qu’il s’agit du milieu LGBT qui ne prend en fait pas forcément en considération l’existance des B et des T et des personnes dans le + du sigle LGBT+ : c’est un milieu qui est créé en réaction face à l’homophobie (homophobie qui ruissèle vers les autres LGBTphobies : comme je l’ai déjà dit, les bi/pan sont assimile·es à des « homo qui se laissent aller à leur tard quand bien même il leur serait possible de faire autrement », les aroace à des « homo qui nient leur homosexualité en prétendant n’être attiré par personne ce qui n’est pas possible » et les personnes trans à des « homo qui en font trop »)

Sur le sexisme :

  • Je l’ai représenté en premier niveau car à mon sens il vise les femmes mais également toutes les personnes qui ne sont pas assez dans les codes de virilité/féminité (donc notamment toutes les personnes LGBT+)
  • Ainsi il ruisselle vers toutes les autres LGBTphobies représentées mais j’ai choisi d’insister particulièrement et visuellement sur deux intersectionnalités : celle avec la transphobie (transmisogynie) et celle avec l’homophobie (lesbophobie) car il me paraissait important de ne pas invisibiliser ces deux réalités.

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